Jusqu'a Oulan Bator
Le Kazakhstan se résumera à quelques souvenirs vagues : routes sans intérêt et farcies de trous, traversée en trombe de Almaty où il vaut mieux avoir un œil devant et l'autre derrière, de vrais chauffards , mais gare aux radars, comme les Russes et les Ukrainiens, les policiers s'arrondissent leurs mois avec des PV encaissés en douce... Hormis la mer d'Aral dans sa partie Ouest, ce pays n'a rien d'attirant, contrairement au Kirghystan, son voisin , ceinturé de montagnes culminant à plus de 6000 mètres... Une autre fois peut-être, mais directement et en avion,ce sera plus rapide !
Passage en Russie plus que laborieux, quelques 6 heures entre les deux ...une vraie galère, même si tout le monde prend cela avec philosophie ...
Sibérie du sud, belles routes goudronnées, merci les pétrodollars de GazProm .... Cuisine sans grande saveur hormis les brochettes Chachlicks et les raviolis farcis à la viande ou en soupe avec des nouilles !
Gros orage dans l'Altaï, nuit à l'hôtel : repas sympa car nous avons droit à un chanteur russe à la voix chaude et grave qui nous fera danser jusqu'à 11 heures , rocks, slows, sirtaki, mais pas de latino par ici ... nous finissons allègrement notre bouteille de vodka et bonne nuit les petits sous une pluie diluvienne (pensée émue pour les copains sous leur tente ...)
Le lendemain, belle route de montagne qui nous amène tout droit à la frontière mongole (Tashanta) qui se ferme à notre nez et à notre barbe alors que , pour une fois, le passage chez les russes s'était plutôt bien déroulé ... bref bivouac dans le no-man's land avec réveil frisquet, il a neigé sur les collines voisines (2000m).
Nous voici enfin en Mongolie, une belle piste nous mène jusqu'à Olgyi d'où Monette doit s'envoler vers Paris via Ulan-Bator et Moscou, son retour à UB est prévu pour le 4 juillet à 6h (yeark) ... Repérage de l'aéroport, piste en terre battue, recherche des billets sur Eznis Airways, théoriquement tout est booké pour l'avion du 26 juin, ce qui veut dire que nous allons faire 1550 km de pistes en solo pour récupérer l'avion du 30 qui part de la capitale, cela nous donne 4 jours de délai ... Heureusement que Baymba, la guide du groupe, rencontre un gars qui connaît une hôtesse de la compagnie ... brèves transactions, pour 316 dollars et un départ pour l'aéroport à 4h45 (re yeark) , Monette se voit délivrer un billet en toute bonne conscience !
L'avion est un Saak (origine canadienne, turbo propulsé avec double hélice par moteur), décollage sans problème, même pas de point fixe et la voilà dans les airs , au dessus de chaînes enneigées et me voici au sol, en célibataire pour une dizaine de jours ...
De bivouacs en bivouacs, nous longeons des rivières riches en salmonidés, côtoyons de superbes lacs (et leurs moustiques), sommes invités sous une yourte pour goûter du lait et du yaourt de chèvre accompagnés de biscuits sablés (à tous les sens du terme) et de fromage salé, nous offrons du sel (très prisé) , des parfums et Michel fait des heureux en développant sur son imprimante portable la photo de la famille et , surtout, celle du père juché sur sa rutilante moto chinoise !
Les pistes sont le plus souvent assez roulantes, parfois avec de la tôle ondulée, le groupe progresse au rythme de 100 à 150 km par jour .
Après trois jours, les problèmes commencent (amortisseurs HS, boîtier de direction, réservoir crevé et j'en passe ... pour le moment l'Azalaï tient le coup ...
Le chef du raid, doit aider à réparer un véhicule, nous voici par petits groupes livrés à nous même ... heureusement le GPS est là pour nous éviter trop d'erreurs de parcours, mais il faut souvent sortir les cartes papier au 500000ème, Bernard, un ancien pilote de l'armée de l'air possède toutes les cartes ONC du coin, ça aide... Nous traversons des zones assez montagneuses ,désertiques, les rares villages sont composés d'une centaine de cabanes ou de yourtes entourées d'une palissade de bois. Les gens sont gentils , à chacun de nos arrêts à l'épicerie locale, nous devons faire visiter nos véhicules, l'Azalaï à un succès fou !
Le chef nous donne rendez-vous à Uliastay, le mercredi à midi, trop tard pour moi, il ne me reste que 3 jours pour arriver à la capitale et récupérer Monette !
Je lâche donc les copains du groupe pour filer de mes propres ailes ... çà commence bien, après 10 km sur les 950 qui restent, crevaison sur la tôle ondulée, 250 m pour stopper et le pneu est hs !
Je continue avec un pneu de secours sur le toit, en cas de besoin, je le ferai monter sur la jante alu ... le premier soir, je n'ai parcouru que 156 kms, la piste devient ensuite fantastique, on longe des rivières, passe des cols dans la forêt de pins, côtoie un canyon taillé dans le basalte .. je me perds un peu dans une vaste plaine herbeuse semée de yourtes et de passages à gué, mais il faut avancer vaille que vaille, je stoppe après Tsetserleg, soit la moitié du trajet (aujourd'hui, j'ai conduit 10 heures , la moyenne n'est pas terrible !)
Le lendemain, je rejoins les monastères de Kharkhorim, j'ai pu rouler 50 kms sur du goudron tout neuf, plus que 350 autres et je serai à UB !
Aujourd'hui, 3 juillet, je regarde TV5Monde dans un superbe hôtel de la capitale, demain à l'aube (à l'heure où fleurit la campagne, je partirai ....) chercher Monette et dans la journée, nous essaierons de faire vidanger le moteur et changer les filtres à gas-oil car ils sont sacrément encrassés et j'ai du mal à monter les régimes (j'ai même dû by-passer le 2ème filtre ce qui m'a fait gagner pas mal de puissance !
Suivant ce que font les copains, nous essaierons de les rejoindre soit vers Kharkhorim soit plus au sud vers le désert de Gobi .... On verra bien ... à suivre !
Aux dernières nouvelles (sms de la nuit), Monette est coincée à Moscou, avion au retard de Paris (cause départ des juilletistes ), elle atterrira à UB à 21 h locales après un détour par Séoul ... en tout cas si rien ne change d'ici-là !
( deux jeunes grenoblois, rencontres au col, sur leurs droles de velos, ils vont en Kirghizie... bon courage...)