Boucle Karkhorin-Gobi
Lundi 5, retour vers Harkhorin et son magnifique monastère bouddhiste d'Erdene Zuu avec son enceinte de brique crue surmontée de 108 stupas que les fidèles honorent l'un après l'autre... La route est goudronnée ou, parfois est doublée de part et d'autre par un lacis de pistes sablonneuses où la cellule roule à 80km/h ! Vers midi, arrêt dans une petite auberge, menu habituel, raviolis farcis et soupe mongole (1€ 50 par personne) mais, nous remarquons la présence de nombreux cavaliers près de là : c'est une course de chevaux en l'honneur des fêtes du Nadaam .Monette s'est régalé,elle a mitraillé dur. Dans un nuage de poussière voici les premiers concurrents, tous de jeunes enfants (entre 6 et 11 ans) qui arrivent après 15 kms de galop ! La foule hurle des encouragements, une nuée de cavaliers entoure le vainqueur dès le poteau passé... seul le cheval sera récompensé par une médaille, le jockey aura quelques biscuits , mais on lit une immense fierté dans son regard ! 
Le lendemain, cap au sud vers le désert de Gobi ...nous suivons des pistes en plus ou moins bon état, beaucoup de tôle ondulée, quelques zones sableuses, mais inutile de s'inquiéter...
Près d'un vieux monastère ruiné, arrêt dans un camp pour touriste 5 étoiles, notre amie Sabeth y retrouve une amie varoise qui fait un tour de la Mongolie, mais en sens inverse... le monde est petit !
La journée s'achève par un magnifique bivouac dans les monts du Gobi altaï, orage et vent dans la nuit. Le 8, voici enfin les grandes dunes qui chantent ... 200 m de haut environ sur un cordon orienté Est-Ouest de 150 kms, rien à voir avec l'erg oriental algérien ou le Murzuq libyen ...
Par chance un groupe d'éleveurs est en train de marquer de jeunes chameaux (L'oreille est percée et voici la bête affublée d'un pompon rouge, ensuite une marque au fer rouge sur la joue ou la cuisse. Le chamelon est libéré après que ses plaies aient été désinfectées) . Une photo de groupe des divers copains du raid au pied d'une dune et nous filons vers le canyon de Yolin Am (yol = vautours en mongol). Nous y arrivons en fin de journée, la lumière est belle, Monette et moi louons les services de cavaliers pour aller photographier une rivière gelée enchassée dans une gorge étroite. Peu de vautours mais de très beaux bouquetins dans les barres rocheuses ... Nous bivouaquons dans une vallée merveilleuse ...
Les deux étapes suivantes sont plus que monotones, venteuses, humides, nous trouvons un petit hôtel à Mandalgovi, il nous reste 300 km pour revenir à Oulan Bator. Nous y serons le 11 juillet au soir, l'arrivée dans la ville est mouvementée, les fêtes du Nadaam ont commencé, un flot de voitures tente de sortir de la ville, tout juste si nous ne devons pas rouler sur le bas-côté et tout cela sous l'œil bienveillant d'un agent de police qui s'égosille sur son sifflet et fait de grands moulinets avec son bâton lumineux ! Lors de mon premier passage, j'avais repéré le garage Toyota, j'y conduis Bernard pour qu'il repère les lieux (son 95 est particulièrement atteint ... joues d'ailes en ruine, collecteur d'échappement cassé, porte-batteries déglingués, espérons qu'il pourra faire réparer dans les jours qui viennent !) après quelques tours dans la ville, nous trouvons l'hôtel Zolostar où nos chambres sont réservées.
Eliane qui n'a plus vu de salade depuis quelques temps propose d'aller dans un restaurant français du centre, je suis un peu réticent au départ car je me méfie de ce type d'enseigne à l'étranger (cher, peu copieux et pas toujours à la hauteur de l'art culinaire qu'il est sensé représenter !) Petite embrouille entre chauffeurs de taxis à la sortie de l'hôtel, finalement personne ne comprend ce qu'il se passe et nous partons vers le centre dans deux voitures de particuliers (taxis non officiels mais au même tarif ... 2000/3000 tügrüks à l'aller, 1500 au retour lorsque c'est un mongol qui nous a négocié le prix... ) Nous débarquons donc au Bistrot, restaurant fort élégant où dînent plusieurs français dont un toulousain qui a pris sa retraite ici , magouille un peu dans le cashemire .. et fricote avec une jeune mongole ! Le patron est de Vichy, ancien ingénieur d'Alcatel, le chef a fait ses classes dans les bases françaises des îles Kerguelen, la carte est attrayante et la cave bien achalandée (Cabernet chilien et Merlot du Sud-ouest, pour nous, avec un œil attendri vers les Bordeaux de bonne renommée, mais hélas hors de prix en ces lieux !)
Chacun trouve de quoi satisfaire ses goûts, pour Monette : Chateaubriand et magret pour moi, deux os à moëlle en entrée et omelette norvégienne au dessert ... 22 € chacun ! L'adresse est à conserver !
Durant le repas une guide francophone me propose des billets pour les finales du tournoi de lutte mongole, à prix coûtant, je vais me régaler de ce spectacle ou force et agilité sont les seules qualités payantes car le nombre de prises autorisées est limité à 21 et le premier qui tombe à perdu ! Les tirages étant fait arbitrairement par les juges (aucune catégorie de poids) , seule la notoriété des lutteurs entre en compte et, pour la beauté du spectacle, les meilleurs ne se rencontrent jamais aux premiers tours ... Monette est partie faire laver notre Azalaï crasseux ... on reste à UB deux ou trois jours, on vous racontera la suite !
