Visite de Saint Petersbourg
En arrivant dans la deuxième ville de Russie, notre premier travail fut de rechercher un parking gardé pour l’Azalaï, heureusement nous avions un point GPS donné par nos copains canadiens de Tous Horizons … avec une carte achetée dans une station essence, nous n’avons eu guère de mal à dénicher l’endroit … barbelés et mirador, le lieu idéal pour une nuit de bivouac citadin … qu’importe avec la fatigue on dort partout !
Ce parking a l’avantage de se trouver à quelques centaines de mètres d’une entrée du métro, donc le lendemain, visite de l’Hermitage, musée fantastique, aussi riche que le Louvre avec juste une petite attente d’une heure dans la queue des visiteurs … on nous avait promis bien pire !
La collection des peintres français impressionnistes aux abstraits est superbe, jamais vu autant de Matisse, de Cézanne ou de Gauguin … avec en prime quelques salles où se trouvent les tableaux récupérés par l’armée rouge en 1945 dans les trésors de guerre nazis de Goebbels et Goering… (trois Renoir, des Sisley, des Van Gogh etc … ces œuvres ne seront sûrement jamais rendues aux familles juives dépouillées …) 

On peut passer une semaine complète à l’Hermitage … nous avons bien aimé les Rembrandt, les Goya, les arts russes, les départements antiquité égyptienne ou grecque, bref le tour eut été complet avec l’exposition sur l’or des Scythes (masques, plats et armes trouvés dans des tumulus dans la région de la mer noire (même époque que les trésors grecs de Priam ou Agamemnon …
Restait à trouver un hôtel dans nos moyens financiers (ici la fourchette va de 80 à 600 euros la nuit sans forcer …), à quelques kilomètres du musée, au-delà de la Neva, se trouve un géant de l’ère soviétique, rapport qualité prix c’est acceptable, moins confortable que celui de Moscou et plus cher (125 euros la nuit avec vue sur le fleuve …)
Les nuits auraient pu être plus calmes si ces fichus ponts qui enjambent la Néva n’avaient pas l’idée saugrenue de se lever entre 2 heures du matin et 5 heures pour laisser passer les cargos, pétroliers ou bateaux de croisière qui vont remonter vers Moscou via canaux et lacs .. en tout cas, Monette a passé ses nuits à guetter l’ouverture des ponts et leur fermeture pour pouvoir les photographier, elle ouvrait la fenêtre et bonjour l’ambiance pour dormir, chaque bateau y va de sa sirène et, comme les rues sont coupées à la circulation, tout le flot des noctambules défile devant l’hôtel … par contre pour être honnête, on peut dire que les ponts illuminés sont de toute beauté…
Les jours suivants, cure d’oignons et de bulbes … maintenant je reste sur le parvis, j’en ai soupé de toutes ces icônes et dorures… Monette ne se lasse pas, la dernière en date fut celle du Saint-Sauveur sur le « sang versé », tout une histoire, c’est là que fut assassiné le tsar Alexandre I I le 1er mars 1881 (quelques galets encore maculés de son sang en attestent), son fils fit construire cette basilique en son honneur … Visite de la forteresse de Pierre le Grand, sorte de citadelle à la Vauban, bien conservée (lieu de sépulture des Romanov) ainsi que celle du croiseur Aurora, vieux navire de guerre qui donna le signal de la révolution bolchevique de 1917 en tirant à blanc sur le gouvernement des russes blancs réfugiés dans l’Amirauté …
Une balade en bateau fit le plus grand bien à nos orteils vermoulus, les commentaires en russe nous laissèrent de marbre, pourtant les façades sont belles, même si, les mauvaises langues disent qu’il n’y a rien derrière (ce qui est faux, beaucoup de ces hôtels sont en restauration !)
En voulant reprendre le métro, horreur, la ligne qui nous ramène à l’hôtel est fermée … heureusement que Saint-Pétersbourg est la Venise du nord, on a pu ainsi utiliser un taxi bateau pour quelques euros et rentrer en traversant le fleuve sur un hors-bord (60 km/h au compteur, ça décoiffe !)
Bis repetita pour la nuit … sans commentaires !
Dernier jour en ville, retrouvailles avec l’Azalaï, avec au passage un « chemin de croix » dans le métro pour admirer là une fresque de Lénine, ailleurs de beaux lustres ou des colonnades en verre taillé , puis recherche de la concession Toyota pour une vidange graissage bien méritée (accueil chaleureux, coup de pot, c’est un des patrons qui mate notre engin et le prend en photo, d’où café, Internet gratos et jeux vidéo avec un très beau parapluie en prime, le tout pour 1/3 du prix français … on reviendra !)
Nous revoici en bivouac à quelques kilomètres de l’Estonie, les derniers chachlicks auront un goût de regrets car, si, mis à part la police omniprésente qui nous agace beaucoup, il faut bien avouer que l’idée que l’on se fait du peuple russe est loin d’être juste ! Nous garderons un excellent souvenir de toutes nos rencontres…